Jean Houel

C'est quoi un conte ?

C'est d'abord une transmission orale, entre une bouche et des oreilles, mais aussi entre le corps du conteur et ce que ressent et perçoit l'auditoire. Le conteur ne raconte pas seulement avec sa bouche, il raconte aussi avec des expressions, les images qu'il fait naître.


Dans vos rêves les plus fous, où et comment aimeriez-vous conter ?

Devant un grand auditoire comme les grands conteurs actuels. Mais ça reste un rêve, parce que cela nécessiterait une infrastructure professionnelle ; comme je ne suis pas un homme de spectacle et que je ne souhaite pas le devenir, c'est contradictoire, ça reste un rêve.

 

Quel est votre conte ? Ou le conte idéal ?

Le conte classique que j'ai bien aimé raconter ces derniers temps, qui est un conte archi-connu, c'est "la soupe aux cailloux".


Y a-t-il une différence entre conter et raconter ?

Pas vraiment, pour moi il n'y pas énormément de différence. Conter a plus d'amplitude, de noblesse parce qu'il y a toute une histoire du conte. Raconter, çà peut concerner la vie quotidienne. Raconter, c'est plus informer, çà peut être une anecdote. Conter c'est plus ambitieux.


 Vous racontez-vous des histoires ?

A moi-même, oui, mais pas des grandes histoires, de petites anecdotes.


Vous sentez-vous de quelque part ?

Non pas vraiment, je suis un « parigot » au sens banal du terme. Si je devais me sentir de quelque part ce serait de Paris.

 


"Avec Maupassant" de jean Houel - 23 novembre 2015

 

Maupassant c'est de la littérature, c'est du sérieux, c'est de l'imprimé et c'est dans les programmes scolaires. C'est écrit au passé simple et même au subjonctif.

Vade retro satanas ! Pas de çà chez nous ! On veut du conte avec un grand C. Du vrai, pas écrit, pas passé à la moulinette de l'académie, du qui sent le cochon, le lard rance et la fumée âcre du feu du feu de bois  des veillées.

Et bien, le cochon qui reste gros jean comme cochon c'est ma pomme !

Il nous a scotché le Jeannot. Pour du conte, c'était du vrai de vrai, élevé sous la mère Ce n'était pas de la récitation de dame patronnesse.

Je l'entends encore grincer la diligence, je la vois bouger ses petites pattes la puce au milieu de la bassine et puis c'te pauve gamine engrossée par un malotru. J'ai senti le long de l'échine le poids de cette société impitoyable pour ces filles-mères qui ont fauté.

Jean avait prévu une pause dans le deuxième conte : "il est plus long, je vais boire une gorgée d'eau à mi-chemin, les gens vont pouvoir raccrocher les wagons".

"Pas question de t'arrêter pépère ! le coup tu le boiras après. Vas y Alphonse fonce, on veut la suite"Pas eu besoin de pause tu l'as bien senti, nous étions bouche bée à boire tes paroles mon Jean. Tu as su nous mener par le bout des oreilles du début à la fin.